🇨🇱 En route sur la mythique « Carretera Austral »

Samedi 10 Février (suite)

Une fois débarqués, nous prenons la Ruta 5(4 voies), une autoroute avec des arrêts pour les autobus, et des accès directs sur la voie pour des maisons qui se trouvent le long de l’autoroute, du jamais vu en France. Nous arrivons à Chinquihué où nous apercevons sur le bord de la plage une citroën 2CV bien fleurie, et un couple de mariés. Nous nous arrêtons, et demandons à la mariée, son autorisation de prendre une photo, d’elle et son futur mari, avec la 2CV. C’est avec de beaux sourires qu’ils acceptent.

Nous trouvons un bivouac à Puerto Chinquio.

Dimanche 11 Février-Départ 10H00-Beau soleil- Température 15°

De nouveau, nous passons à Puerto Montt, Puerto Varas, nous retrouvons le Volcan Osorno avec son magnifique cône blanc et une partie de la Cordillère des Andes, ainsi que le Lac LLanquihué sur le côté Ouest (photo) . Puis Ensamada, ville très touristique, nous arrivons dans le parc National Vicente Pérés Rosales, les paysages sont sublimes, c’est un des plus beaux parcs du Chili et le plus ancien aussi, créé en 1926. Tout autour se dressent d’importants volcans comme l’Osorno (2661m), le Puntiagudo (2490 m), la Picada (1710) et le Tronador (3491m).

Un peu d’ethnologie : les Huilliches vivaient un peu plus à l’Ouest, et commerçaient avec les Poyas ou les Puelches habitants sur le versant oriental de la Cordillère (actuelle Argentine). Cette région du Chili est en effet historiquement intimement liée à celle de Nahuel Huapi (autour de Bariloche en Argentine). Au XVIIème siècle, les Jésuites de Chiloé avaient tracé un chemin en vue de fonder des missions dans la région orientale de la Cordillère. Ce chemin contournait le sud du Volcan Tronador, pour éviter de traverser la lagune Cayutué et le Lac Todos Los Santos, et ainsi il permettait aux colons de Chiloé de commercer avec les villes du Nord quand les Indigènes se rebellèrent dans les années 1600 et empêchèrent tout passage pour l’Araucanie. De nombreux chercheurs en tout genre l’empruntèrent aussi, en quête de l’utopique « Cité des Césars » (cité pavée avec des lingots d’or et les portes des maisons aux gonds d’argent) tout comme une multitude d’évangéliseurs qui s’en allèrent répandre la « bonne nouvelle » aux « païens » poyas et puelches.
Nous voilà à 1231m d’altitude, la vue est spectaculaire. Pause déjeuner au pied du volcan.

Puerto Octay- Entre Lagos où nous passons la nuit.

Lundi 12 Février-Départ 10H30-Température 13°7-Temps couvert

Nous devons trouver un garage pour Samy (vidange). Ce sera chose faite ce matin. Nous reprenons la route, nous sommes dans le Parc National Puyehue, situé sur les provinces de Valdivia et d’Osorno. Nous rencontrons une végétation de type humide « siempreverde ». Les forêts sont d’une épaisseur et d’une luxuriante remarquables. Nous pouvons y apercevoir des pic-verts, des petits cervidés et des huemules (petits cervidés qui descendent des hauteurs andines, vers les vallées en hiver, et y remontent en été. Leur pelage est de couleur marron, leurs yeux brillants et leurs oreilles grandes. Chassés impunément au XXième siècle par les hommes et les chiens, ils sont en voie d’extinction à l’échelle de la planète. Aujourd’hui, plusieurs parcs nationaux tentent d’assurer leur survie). Beaucoup de lacs, de lagunes et des volcans, ici aussi. Nous pensions passer la frontière demain matin et nous voilà dans la file pour sortir du Chili. Après une heure d’attente, nous voilà arrivés au poste frontière où nous réalisons les formalités en ½ heure côté chilien. Nous arrivons au poste frontière « Paso Cardenal Antonio Samoré » après avoir fait 17 kms entre les deux frontières. Paysage d’arbres pétrifiés, en effet, il y a quelques années, un volcan s’est réveillé et a sinistré toute la région. Formalités côté argentin effectuées en 20 mn. Il est tard, il nous faut trouver un bivouac, ce sera en bordure de la lagune Totaral . Sancho fait quelques réparations sur le toit de Samy et en profite pour passer un coup de balai.Bivouac et première nuit argentine.

Mardi 13 Février-Départ 10H15-Beau soleil-Température 12°-Altitude 690m

Nous sommes toujours dans la Patagonie Andine. Villa La Angostura, petite station chic avec une rue commerçante où nous nous arrêtons pour prendre quelques pesos argentins. Puis ce sera l’arrivée sur San Carlos de Bariloche en longeant le lac Nahuel Huapi, immense lac avec ses 557 km², soit une superficie équivalente à 3 fois la ville de Buenos Aires, et une profondeur de 464 m.

Pause déjeuner en bordure du lac à Dima Huapi. C’est dans ce faubourg à quelques kilomètres de Bariloche que nous devons rendre visite à Alicia et Julio, le couple d’argentin rencontré à Iquique. Nous les retrouvons et passons une fin d’après midi en leur compagnie et une très belle soirée autour d’un délicieux asado.

Bivouac dans le jardin de leur maison.

Mercredi 14 Février- Journée chez Alicia et Julio – Dîner français cuisiné par Sancho très apprécié par nos hôtes.

Jeudi 15 Février- RV chez assureur (assurance Argentine)

Au moment de repartir, Samy ne veut pas démarrer, un argentin nous dépannera, et nous repartons chez Alicia et Julio. Décidemment, c’est pas notre jour, nous ne voyons pas un énorme dos d’âne non signalé, heureusement nous ne roulons pas vite, et entendons un drôle de bruit à l’arrière. Rien de grave, il faudra faire quelques réparations. Nous prenons congé de nos hôtes argentins Alicia et Julio que nous verrons sûrement à Thèze en 2019. Départ 12H00 – Température 21°- Beau soleil.

Nous passons San Carlos de Bariloche, ancien petit village créé par des émigrés allemands et suisses allemands, c’est pour cela qu’il y a des chalets en bois, une atmosphère alpine et c’est la capitale du chocolat. Bariloche est aussi la ville qui accueille les voyages scolaires de fin d’études, où nombreux étudiants fraîchement diplômés y débarquent, pas pour se lancer à l’assaut des sommets, mais des boîtes de nuit très réputées.
El Bolson, c’est une ville au cœur d’une vallée fertile grâce à son doux climat, en arrivant tout est vert, la ville est entourée de « chacras » (fermes agricoles) qui produisent du houblon et des fruits rouges. Dans les années 60, de nombreux hippies sont venus s’installer dans les environs, quelques uns de leurs représentants continuent à vivre dans les fermes. Bivouac sur la route 40 à 60kms d’Esquel.

Vendredi 16 Février-Temps couvert-Départ 8H15-Température 12°

Nous empruntons la mythique route 40, paysages de montagnes et plaines, de vastes étendues de steppes, c’est la province du Chubut. Voilà un panneau de signalisation qui n’est plus en vogue chez nous. 

Nous nous arrêtons pour une pause café, et au moment de repartir, Samy ne démarre pas. Nous sommes en panne, heureusement une famille argentine s’arrête pour nous aider à démarrer Samy avec des câbles. Un petit commentaire, quelques photos, nous les remercions et repartons. Il va falloir voir ce problème de batterie.

Tecka, pas de boutique, la pause déjeuner sera rapide, car nous n’arrêtons pas le moteur de peur de ne pas redémarrer, d’autant plus que la région est désertique, quelques voitures y circulent. Gobernador Costa, petite bourgade,

José St Martin,

c’est parti pour 102 kms de piste. Nous arrivons à Alto Rio Senguen où nous bivouaquons dans une petite rue du village.

Samedi 17 Février-Température 16°5- Départ 8H45-Temps couvert

Nous sommes un peu inquiets, Samy va-t-il démarrer ce matin ? ouiiiiiii, nous reprenons la piste, après quelques kilomètres, un bruit bizarre se fait entendre, ça vient du moteur, après contrôle, c’est la fixation de la batterie qui est dévissée, c’est sûr avec ces routes….quelques tours de clé, le tour est joué. Un peu plus loin, un troupeau de mérinos sur la piste, une lagune avec des flamands roses, des canards, et en bordure de la piste, des nandous (famille des autruches et émeus). Nous repassons de nouveau la frontière argentine à El Coyte (formalités 10 mn),

puis ce sera poste frontière chilien Pampa Alta (formalités 45 mn) avec un contrôle intérieur de Samy. Toute matière d’origine organique ou objet ne peut rentrer au Chili. Nous avons eu peur pour le jeu d’échecs en bois offert par Pauline et Michael au retour de Cuba. En effet, le coffret en bois a les champs intérieurs bruts, et non vernis, c’est un problème nous dit le douanier. Heureusement, il entend : c’est un cadeau, il ferme les yeux. Villa Ortega puis Coyhaique, capitale chilienne de la région d’Aysen, fondée en 1929 pour favoriser le développement régional et la colonisation de cette partie du pays. Nous arrivons vers 14H30. Visite et ballade – Nous y étions restés quelques jours , il y a 7 ans plutôt, et nous décidons de retourner dans le bar où nous avions fait la connaissance de notre ami Arnold, et avions passé un moment ensemble. Nous prenons un verre et buvons à sa mémoire, car il nous a quitté depuis. Un peu plus tard, nous faisons la connaissance d’Eugénia et Miguel, couple argentin de Puerto Madryn. Les grands parents de Miguel sont originaires du pays basque espagnol. Ils nous proposent de passer chez eux, lorsque nous remonterons vers Buenos Aires. Bivouac dans un camping.

Dimanche 18 Février-Température 14°6-Départ 12H00-Pluie

Après changement de plaquettes et divers bricolages, un peu de ménage, nous repartons visiter Coyhaique.

Bivouac en bordure de ruisseau

Lundi 19 Février-Départ 8H45-Température 9°- Temps couvert

Nous voilà sur la Carretera Austral, ou la Ruta 7, nous pouvons voir un ensemble de laves intercallé en roches d’origine marine et très résistant à l’érosion des glaciers qui ont affectés cette zone, laissant apparaître cette roche en forme de mur, dont l’origine serait un volcan au fond de la mer, cet endroit porte le nom de la « Muralla China »(la muraille chinoise). El Blanco, souvenir, souvenir, nous étions tombés en panne, 7 ans plutôt avec le side-car. Ce petit village à la confluence du Rio Blanco et Huemules, et où prend naissance le Rio Simpson. Balmaceta-Las Horquetas, des petits villages. Nous sommes dans le parc national « Cerro Castillo » au Sud de la région de Coyhaique, Villa Cerro Castillo, nous poursuivons sur la piste qui longe la Laguna Verde, et arrivons au « Bosque Muerto » (la forêt morte), témoignage de l’éruption du volcan Hudson. En continuant plus au Sud, le paysage change avec des forêts touffues, la lagune Cofré, puis un autre fleuve « Rio Murta » que nous suivons pour arriver à Puerto Murta, petit village de 500 habitants fondé en 1920. Nous souhaitons poursuivre vers Puerto Sanchez, un chemin vertigineux et certains passages avec des éboulements, nous faisons demi-tour (prise de panique pour Mimi, car très impressionnant côté passager…). Ce sera Puerto Tranquillo, situé sur les rives du lac Carrera, là aussi, petit village de 500 âmes, son activité est fondée sur la pêche et l’élevage. Nous réservons une excursion pour le lendemain.


Un peu de géographie : le Lac Général Carrera, est le deuxième plus grand lac d’Amérique du Sud, après le la Titicaca (Pérou-Bolivie). Il est partagé entre le Chili et l’Argentine. Il porte le nom du Lac Buenos Aires, côté argentin. 97000 hectares, soit 978,12 km² de superficie, et 200 kms de long. Il est situé à 350 mètres d’altitude et profondeur maxi de 590 m.
Bivouac en bordure du lac Carrera sur la plage – Le vent soufflera…

Mardi 20 Février –Départ 9H45 –Température 15°6-Beau soleil

Petite ballade en bateau sur ce gigantesque Lac Général Carrera, durant plus d’une heure et demie, pour aller visiter « la capilla dé Marmol » (la chapelle de marbre), une formation géologique produite par l’érosion lacustre. Une belle élévation escarpée dans ce lac. C’est ici aussi, que quelques mariages sont célébrés sous cette chapelle. Nous découvrons aussi des formations de marbres avec de très belles couleurs, en longeant la côte. Au retour, nous serons secoués dans l’embarcation, qui a dit qu’un lac c’est calme…

Nous faisons la connaissance de Brigitte et Robert d’Agde, voyageant avec sac à dos, et échangeons quelques infos sur nos divers parcours. Après déjeuner, nous reprenons la route toujours en longeant le même lac, passage d’un pont pour une seule voiture (photo pont orange). Nous avons parcouru 270 kms depuis Coyhaique, et arrivons à Puerto Bertrand, sur la rive du Lac Bertrand, et où prend source le Rio Baker, rivière qui poursuit son cours torrentueux pendant 200 kms pour finir par se jeter dans l’Océan Pacifique à Caleta Tortel (prochaine étape). C’est à Puerto Bertrand où nous assistons à la fête de la Gastronomie, un concours de desserts et de pains est organisé pour cette occasion. Nous dégustons les différents plats concoctés par les candidats. Très agréable moment. Plusieurs nationalités sont présentes, un groupe de cyclistes français, un couple de suisse, et un autre couple d’israélien. Dans la soirée, nous faisons la connaissance de Séb argentin, et Franco un chilien.

Bivouac à Puerto Bertrand.

  Mercredi 21 Février-Départ 8H45-Température 12°-Temps pluvieux

Nous longeons le Rio Baker et arrivons à Cochrane. Le soleil est revenu – Pause déjeuner. Puis une autre lagune « laguna Esmeralda », nous croisons un petit camper Erika immatriculé en Gironde. Nous faisons la connaissance de Blandine et Philippe, en voyage aussi pour un an. Echanges d’informations, et photo souvenir.

Nous serons amenés à les revoir car nous avons le même trajet.
Bilan du voyage : 60000 kms parcourus – sans trop d’embuches
Nous voilà à Caleta Tortel, pittoresque petit village allongé autour du Rio Baker et dont les maisons sont reliées par un ingénieux système de passerelles et d’escaliers en bois de cyprés de las Guatecas, (7,5 kms) qui bordent la mer, en discontinuité et qui circulent au plus haut, interconnectées par d’interminables escaliers. Petite ballade avant de reprendre la route.

Bivouac sur la piste (route 7).

Jeudi 22 Février- Départ 9H30-Beau soleil- Température 12°

Beaucoup de végétation et de jolis fuschias en fleurs de couleur rouge. Après 3 heures de piste (100kms ) arrêt à Cochrane où nous faisons le plein de gasoil et d’eau, où nous voyons un chilien avec un béret basque.Un peu plus loin, des patous des Pyrénées en Patagonie, mais nous n’avons pas pu prendre de photo. Pause déjeuner – quelques courses et nous repartons sur la Carretera Austral. Nous apercevons des condors dans le ciel, et la montagne avec glaciers. Direction Chilé Chico par la Route 7, (route que nous avions prise dans l’autre sens, il y a 7 ans). Des points de vue magnifiques avec le lac Carrera et la Cordillère des Andes. – Puerto Guadal, village situé à l’extrême sud ouest du lac, c’est un des plus anciens foyers de peuplement de la région d’Aisen, (1920), surnommé « perle du lac Carrera », grâce à sa position sur les rives d’une petite baie, et à son micro-climat, compte tenu de la hauteur des cimes de la Cordillère et aux champs de glace continentaux. Malin-Grande – Nous avons la chance d’apercevoir un chinchilla sur la paroi rocheuse.Plus de 260 kms de ripios, comme si vous passiez sur des tôles ondulées, mais les vues magnifiques nous laissent oublier ces désagréments de la piste, nous arrivons à Chile-Chico où nous retrouvons les jeun’s Blandine et Philippe. Soirée et bivouac en bordure du lac.

A suivre…

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2 commentaires sur “🇨🇱 En route sur la mythique « Carretera Austral »

  1. Coucou, toujours super vos reportages 😉  merci    Bonne continuation pour votre voyage  Gros bisous à tous les deux et une petite tape à Samy  😉

     

  2. Géniaux vos reportages et photos. Certains lacs avec les montagnes autour rappellent fortement ceux des lacs. J’espère que Samy va bien, et gros bisouxes à vous 2 !

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